Léa BATOUX,
une benjamine dans la campagne
Publié le 23/ 02/ 2010
La semaine dernière LaProvence.com a fait la connaissance des benjamins des régionales.
Episode manquant avec le Front de Gauche.
Etudiante en philosophie de 21 ans, Léa Batoux est engagée dans son syndicat et au Parti de Gauche, une des composantes qui a créé le Front de Gauche avec le Parti Communiste français et la Gauche unitaire. Elle est à la 15ème place de la liste le Front de Gauche ensemble pour les régionales sur la liste des Bouches-du-Rhône.
Pourquoi et comment êtes-vous entrée en politique ?
Léa Batoux : Je suis née dans un milieu politisé, cela a toujours fait partie de ma vie. C'est sûrement pour cela que j'ai toujours pensé que c'était une des choses les plus importantes, c'est par la politique que l'on peut se faire entendre, résister, agir. Avant de m'engager dans un parti, j'ai d'abord participé aux mouvements sociaux contre le CPE au lycée puis contre la LRU à la fac. Je me suis alors rendue compte combien il était important de s'organiser syndicalement et politiquement afin d'avoir une plus grande portée, un plus grand poids.
Mon parti doit se faire le porte-parole des luttes sociales et proposer une réponse politique. Avec le Front de Gauche, on s'ancre complètement dans cette logique, en effet, nos listes sont composées de syndicalistes ou de personnes qui ont participé aux luttes sociales, qui ont cherché à protéger nos services publics (la poste, l'université, les hôpitaux...). Dans la rue, on a perdu malgré une mobilisation massive et historique, c'est pourquoi le Front de Gauche porte notre combat au niveau des élections.
Pensez-vous exercer la politique différemment de vos aînés ?
LB : J'apprends beaucoup de mes camarades qui ont l'expérience et la culture politique que je n'ai pas encore. Mais effectivement, je pense qu'il est important de faire de la politique autrement. Je me suis engagée dans le Parti de Gauche parce qu' il est porteur d'une nouvelle façon de faire de la politique et d'un nouveau message, en cherchant à créer une dynamique unitaire avec le Front de Gauche.
A l'heure actuelle, nous connaissons une montée du libéralisme, une droite qui "s'assume", qui tape toujours plus sur les travailleurs, les étudiants, les sans-papiers, les lycéens..., qui impose un débat raciste sur l'identité nationale, qui bafoue les valeurs fondamentales de notre République et qui préfère prendre en considération les grands patrons et la loi du marché plutôt que l'intérêt général. Pour combattre cela, il faut que nous changions notre manière de faire de la politique et que nous réussissions à travailler dans l'unité pour opposer au gouvernement une gauche de résistance forte.
Que pensez-vous des nouveaux moyens de communication comme les réseaux sociaux ?
LB : Personnellement, je pense que rien ne peut remplacer la discussion avec les citoyens ; il faut donc aller à leur rencontre. Mais il est vrai qu'aujourd'hui il se passe beaucoup de choses sur Internet, c'est un nouveau média qu'il faut prendre en considération et utiliser.
De plus, les médias traditionnels nous refusant leur accès comme par exemple, La Provence qui, la semaine dernière, est partie à la rencontre des benjamins de la campagne, il y a eu cinq articles différents avec le PS, le FN, l'UMP, Europe Ecologie et le Modem. Pourtant, selon les sondage, ce n'est pas le Modem la 5ème liste mais bien le Front de Gauche. De même, on est automatiquement exclu de tout débat, France 3 ne nous y invite pas. Cela nous force donc à passer par d'autres voies pour se faire entendre.
Si vous deviez ne retenir qu'un épisode de ce début de campagne, ce serait quoi ?
LB : Lorsque l'on a su que le Front de Gauche continuait, se renforçait et à certains endroits s'élargissait , comme dans le Languedoc-Roussillon.
Face à Frêche, "A gauche maintenant" dans le Languedoc-Roussillon, avec René Revol en tête de liste, est porteuse d'espoir. Ce sont réunis sur cette liste le Parti de Gauche, le Parti Communiste, la Gauche Unitaire, le Nouveau Parti Anticapitaliste, les Alternatifs, les Objecteurs de Croissance, la Fédération pour une Alternative sociale et écologique et le Mouvement Politique d'Education Populaire.
Le Languedoc-Roussillon nous permet effectivement d'espérer que l'on puisse ressortir plus fort et plus grand de ces élections ; que cela donne l'exemple à toute la gauche de transformation sociale et écologique que l'unité est possible et nécessaire ; que cela montre que l'on peut travailler à des compromis et non des compromissions, que l'on peut être la première force de gauche et ainsi défendre le mieux possible un système anticapitaliste ensemble. En défendant de vraies valeurs de gauche, la retraite à 60 ans après 37,5 annuités, faire passer le social avant la loi du marché, des services publics de meilleure qualité et gratuits pour tous...